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Le syndrome de l'instituteur (et l'antidote)

Damien P.
Damien P.
4 lecture min

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J'ai pu observer un comportement chez la majorité des consultants, formateurs et coachs, mais il n'y avait pas de nom pour le définir à ma connaissance.

Ce comportement, quand tu le vois, tu ne peux plus le nier.

Je pense qu'il est une des raisons pour lesquelles les infopreneurs n'arrivent pas à vendre leurs idées.

Je suppose que c'est une attitude transmise par l'école.

On pourrait résumer le syndrome comme suit : J'apprends X pour enseigner X.

Par exemple, tu es sur la thématique de la perte de poids. Tu lis tout ce que tu peux sur le sujet. Puis, dès que tu trouves une idée qui résonne… tu la partages. En clair, tu te sers de la littérature existante pour produire tes propres contenus, sans passer par la case "implémentation".

Consommer de l'information pour trouver l'inspiration est une excellente stratégie. Je m'en sers constamment. Mais lorsque je suis face à une idée forte, avant de sauter sur mon clavier pour la partager, je me demande si j'ai déjà implémenté l'idée. Et si c'est le cas, alors je partage l'idée.

Pourquoi c'est un problème urgent ?

Le problème, c'est que l'inspiration est à usage unique. Lorsque tu tombes sur une idée qui t'inspire, tu vas avoir la motivation d'en faire quelque chose. Une fois l'idée traitée, la motivation disparaît. Les psychanalystes appellent ça "ventiler ses pensées". Ils incitent leurs patients à parler de leurs problèmes pour diminuer l'emprise de ces derniers.

Je pense que c'est une des raisons principales pour laquelle il y a d'un côté ceux qui enseignent et de l'autre ceux qui font. Tu peux l'observer en sciences académiques. Il y a des scientifiques qui vont étudier un sujet pendant toute leur vie, sans être capables de pratiquer ce sujet. Par exemple, des psychologues qui étudient le comportement humain mais qui seraient incapables de vendre une Ferrari neuve pour 500 € (bon j'exagère, mais tu as saisi l'idée).

Ce mécanisme caché derrière le syndrome de l'instituteur empêche le développement d'une expertise. Car, lorsque tu trouves une idée géniale, tu choisis de la partager au lieu de l'implémenter. Ainsi, tu restes coincé dans le besoin de t'appuyer sur les idées des autres.

Si tu te reconnais, la question c'est : comment te débarrasser du syndrome de l'instituteur ? Pour ça, tu veux en comprendre les causes principales. Je pense qu'il y en a trois…

Quelles sont les causes du syndrome ?

Premièrement, l'impatience des résultats : développer une expertise ça prend des années, voire des décennies. C'est humain de vouloir sauter à l'étape de création de formations et de contenus. Pratiquer la vente pendant 5 ans avant de lancer son business de formations, c'est pas ultra sexy. Pendant des années, j'ai cherché à inventer mes méthodes sans appliquer celles des autres. Simplement, parce que je voulais pouvoir enseigner ma manière de faire le plus vite possible. Vouloir réinventer la roue a été un des plus gros générateurs d'anxiété pour ma part.

Deuxièmement, l'évitement de la douleur d'agir : passer à l'action requiert des efforts. Dans un monde où le confort est omniprésent, la majorité refusera le sacrifice. Personne ne s'enrichit durablement sans sacrifier les petits plaisirs. Se pointer tous les jours pendant des années, c'est probablement la condition la plus importante. Évidemment, créer des contenus demande également d'agir. Mais, c'est plus facile de prétendre que de maîtriser.

Enfin, la peur de prendre des risques : pour maîtriser une compétence, tu dois choisir sur quoi te concentrer pendant des années. Ce n'est pas certain que ce soit le bon chemin… donc ça requiert d'avoir la foi. Si tu prends la mauvaise décision, tu perds des années… de l'argent… de la réputation… etc.

Quel est l'antidote ?

L'entrepreneuriat est un jeu destiné aux plus courageux. On parle souvent de l'intelligence d'Elon Musk. Mais, ce qu'on ne dit pas sur lui, c'est qu'il adore le risque.

Elon s'est forgé une réputation d'être le plus intrépide. Quand les cousins allaient au cinéma et que des gens faisaient du bruit, c'était lui qui allait leur dire de se taire, même s'ils étaient beaucoup plus grands. « C'est un thème important pour lui de ne jamais laisser ses décisions être guidées par la peur », se souvient Peter. « C'était déjà évident quand il était enfant. » —Walter Isaacson, biographe d'Elon Musk

Robert Ringer explique dans son livre "Winning Through Intimidation", que la peur est la cause principale de l'échec.

Les problèmes que la plupart des gens rencontrent pour atteindre leurs objectifs tournent autour du fait qu'ils se laissent constamment intimider.

Les résultats qu'une personne obtient sont inversement proportionnels au degré auquel elle est intimidée.

—Robert J. Ringer

La bonne nouvelle, c'est que le courage est un muscle. Au fitness, tu soulèves des poids pour renforcer tes muscles. Évidemment, si tu veux te muscler intelligemment, tu ne commences pas avec 200 kg aux squats.

Avec le courage, c'est pareil.

Pendant longtemps, je pensais que "sortir de ma zone de confort", ça signifiait s'exposer immédiatement au scénario qui me terrifiait. On pourrait appeler cette approche de "l'ego risking".

Prenons un exemple concret. Si tu as peur de vendre High-Ticket à des inconnus au téléphone. Commence par proposer des appels gratuits aux membres de ton audience. Puis, propose un service à 100-200 € avec une garantie du genre "tu me paies seulement si tu es satisfait".

Si tu augmentes le risque progressivement, d'ici 3 à 6 mois, vendre tes offres à 1 500 € sera ta nouvelle normalité. Ce sont les petites actions qui font les grands hommes.

L'article semble s'être éloigné du sujet initial : le syndrome de l'instituteur. C'est souvent le cas lorsque tu traites une cause profonde. Les clients achètent la solution directe à leur problème : "je ne vends pas, j'ai besoin de marketing". C'est confondre le symptôme et la maladie.

Relis les trois causes plus haut.

Le syndrome de l'instituteur vient du manque de courage…

  • …pour implémenter patiemment
  • …pour supporter la douleur des échecs
  • …pour embrasser la peur des risques

La différence entre l'intellectuel qui se noie dans les conseils, et l'entrepreneur qui s'en sert… c'est le courage.

Ne perds pas, comme moi, une décennie pour accepter cette idée.

Damien